Sirius Black

Nombre de messages: 1390 Date d'inscription: 11/08/2007
Feuille de personnage Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme Statut: Chef de L'Ordre du Phénix
 | Sujet: Azkaban Mar 4 Déc - 21:53 | |
| Ca y est, il y était. Azkaban la Grande, comme on aurait pu l’appeler. Après avoir passé le premier test d’identité, le voilà qui flottait sur une embarcation vers l’immense tour qui siégeait, imposante, au milieu de la mer. Il la regardait, sans émotion apparente. Azkaban avait été sa demeure d’infortune pendant 13 ans et elle lui semblait presque étrangère. Il faut dire qu’il n’avait pas souvent eu l’occasion de l’observer ainsi. Excepté, peut-être, le jour de son incarcération. Encore que ce jour là, il eut d’autres préoccupations en tête.
Il avait revêtu l’apparence du vieux Joe, un homme dont on ne pouvait plus donner l’âge tant il semblait mort-vivant. Travailler toute sa vie dans cette prison l’avait marqué bien plus que ceux qui y étaient enfermés. Il était frêle, osseux. Son visage était creusé, sans expression. Ses cheveux presque inexistants et d’un blanc quasi transparent. Voilà comment se sentait Sirius en cet instant : transparent. Quelques minutes avant de se présenter aux gardes côtes, il avait avalé sa potion de Felix Felicis. Immédiatement, elle l’avait mis en condition pour la mission qu’il s’apprêtait à affronter. Il avait ressenti sa chaleur en lui et son instinct semblait prendre une place si importante en lui qu’il le sentait dans chaque particule de son corps. Il avait su comment répondre au garde sans avoir à y réfléchir, même lorsqu’il lui avait posé une question dont Joe n’avait pas fait mention. A présent, il sentait le vent attaquer sa peau. Mais il n’avait froid qu’à l’extérieur.
Il débarqua enfin sur la petite île isolée qui hébergeait Azkaban. Les détraqueurs patrouillaient tout autour de lui, fantômes sans visage à l’affût du moindre sentiment de bonheur. Mais Sirius ne se sentait pas heureux. Il n’avait qu’une idée en tête, obsessionnelle : celle de trouver Percy et de partir d’ici au plus vite. Il avait laissé tous ses sentiments derrière lui, ne gardant que la noirceur de son âme à laquelle il essayait si souvent d’échapper, d’ordinaire. Les gardes côtes le laissèrent seul pénétrer dans l’antre. Une immense porte en fer s’ouvrit à peine avait-il posé pied à terre. Deux détraqueurs étaient postés de chaque côté. Ils tournèrent la tête en sa direction alors qu’il passait devant eux. Sirius espérait que la potion de Felix Felicis ne soit pas ce qui allait le vendre. Il passa les sécurités suivantes avec une étonnante facilité, selon lui. Mais ce ne pouvait être que normal, il était chanceux aujourd’hui. Il savait exactement ce qu’il devait faire et quand il devait le faire.
On le lâcha dans l’étendue labyrinthique et délabrée de l’ancienne bâtisse. Tout y était froid, humide et sombre. Il évoluait dans ce lieu sans vie sans donner l’impression d’être perdu, bien qu’il ne connaisse pas cette partie de la prison. Lorsqu’il se trouvait à un croisement, son instinct lui dictait quel chemin il devait emprunter pour arriver à son office. Lorsqu’il trouva l’office, il sut comment y pénétrer et où y trouver ce qu’il cherchait. Et à présent qu’il avait tous les outils en main, il pouvait commencer à chercher Percy. Il devait prendre son temps, se précipiter alarmerait les détraqueurs, risquerait d’exposer ses véritables intentions. Il se rendit d’abord au lieu qui servait de douche. Il s’agissait d’une immense pièce en pierre noire, comme le reste. Les installations étaient insalubres. Sans doute plus encore qu’à l’époque où il les avait connues, se dit-il. Il retint son envie de vomir alors que l’odeur immonde qui se dégageait de la pièce lui parvint aux narines. A croire qu’il s’était automatiquement arrêté de respirer en entrant ici. Il fut pris d’un spasme, comme s’il allait rendre. Mais son instinct lui disait qu’il lui fallait rester ici. Que c’est là où il devait être. Peu de temps après, il comprit pourquoi. Il sentit un froid perceptible lui brûler la colonne vertébrale alors qu’il passait la serpillière. Un détraqueur était entré dans la pièce. Il se redressa vers lui, sans expression. Ce dernier lui fit signe de le suivre. Sirius obtempéra sans broncher. Transparent. Il suivit la masse noire flottant dans les méandres d’Azkaban. Il sentait qu’il ne devait pas rester proche d’elle trop longtemps car elle commençait à douter, mais il savait aussi qu’il devait la suivre pour atteindre son but. Peut-être était-ce cela qui commençait à le rendre heureux.
Il arriva dans un long couloir aux portes en fer. Le couloir qu’il connaissait le mieux à Azkaban, même s’ils se ressemblaient tous. Celui qui abritait son ancienne cellule. Lorsqu’il passa devant, il ne put s’empêcher d’y lancer un regard. La porte était grande ouverte. La cellule était vide. Il eut un bref instant la vision de lui à l’intérieur, si misérable qu’il ait pu être, le regardant passer comme il avait regardé passer Joe de nombreuses fois. Lorsqu’il tourna la tête de nouveau devant lui, il sentit les "yeux" du détraqueur posés sur lui. Son instinct lui commandait d’être de plus en plus prudent tandis qu’il approchait d’un autre couloir. Et lorsqu’il tourna à l’angle, il sut qu’il devait s’en aller.
Quatre détraqueurs étaient postés en faction devant une cellule. Ils tournèrent tous la tête vers lui lorsqu’il arriva. Il ne savait toujours pas pourquoi il était là mais – bien qu’il se sente approcher de son but – il était certain de ne pas devoir y rester. Pourtant, rien n’aurait pu justifier qu’il rebrousse chemin en cet instant. Il s’avança donc, la peur commençant à s’insinuer en lui. Il avait peur de ce qu’il allait découvrir dans la cellule ouverte alors que ses sangs se glaçaient. C’est à peine s’il sentit la main décharnée du détraqueur qui l’accompagnait se poser sur son épaule pour l’arrêter. En cet instant, ce fut comme si ses oreilles se réveillaient. Il entendit un rire hystérique. Un son qu’il ne pourrait jamais oublier. Bellatrix Lestrange était là. Il entendit un autre homme également, qu’il ne connaissait pas. Puis son cœur fit un bond. Percy était là aussi, il suppliait Lestrange, en pleurs. Toute la peur propagée dans les cristaux de sa voix lui parvenait comme des lames acérées. - Ma patience à des limites, Weasley ! Puisque tu tiens tellement à conserver tes petits secrets je vais te faire une faveur : tu vas avoir l’occasion de les oublier à jamais à défaut de les emporter dans ta tombe. - Non, non je vous en supplie, hurlait Percy. Tuez-moi ! Tuez-moi mais ne les laissez pas faire ! Un nouveau rire hystérique se fit entendre. Sirius s’était figé sur place. Son cœur lui remontait dans la gorge, il avait la nausée. Au point qu’il ne sentit pas les détraqueurs s’agiter autour de lui. Au point qu’il avança sans s’en rendre compte lorsque celui qui lui tenait l’épaule le poussa en avant. Il le laissa à l’entrée de la cellule et cette fois Sirius n’eut plus à imaginer ce qui se passait.
Bellatrix Lestrange, baguette en main, s’extasiait devant les supplications de Percy Weasley. Ce dernier rampait presque par terre, terrorisé. Il savait aussi ce qui l’attendait. Le troisième homme présent, Sirius ne le reconnut pas. Il avait les bras croisés et semblait s’ennuyer, observant les murs en attendant que le temps passe. Lorsqu’elle le vit entrer, Bellatrix s’adressa à lui : Ah ! Vous êtes là le larbin. On attendait plus que vous. Sirius savait maintenant pourquoi il était là. Lorsque les détraqueurs accomplissaient ce qui leur était le plus cher au monde, les sorciers ne se vidaient pas seulement de leur âme. Il ne répondit pas, tentant de garder son apparence transparente. Se contentant d’un hochement de tête, il avait l’impression de commencer à trembler, comme si ses jambes allaient lâcher d’un instant à l’autre. Il vit Bellatrix faire un signe de main au détraqueur qui était entré dans la pièce, et posa un dernier regard sur Percy dont les yeux étaient emplis d’effroi. Il avait tourné la tête vers lui et le suppliait de ne pas les laisser faire. Tous les organes de Sirius s’étaient arrêtés de fonctionner. Le détraqueur plongea sur Percy et Sirius du fermer les yeux pour ne pas le voir se faire arracher son âme. Il n’entendait plus Bellatrix discuter avec son collègue, il ne voyait plus les détraqueurs s’agiter au dehors de la cellule, ni celui qui venait d’offrir son baiser à Percy se diriger vers lui. Il ne reprit conscience de lui-même que lorsque Bellatrix s’adressa à l’immonde créature. Ca suffit détraqueur ! lui ordonna t-elle. Il n’y aura qu’une exécution aujourd’hui. Percy gisait au sol, souillé. Son corps se soulevait encore au grès de sa respiration mais ses yeux étaient vides. Il venait de vivre pire que la mort. Deux des créatures postées en faction vinrent l’attraper pour le traîner jusque dans sa cellule. Sirius ne bougeait plus, tétanisé. Bellatrix lui parla de nouveau : Dépêche-toi de nettoyer ces horreurs, je ne veux pas salir mes chaussures en marchant dans ses excréments de traître. Voilà donc à quoi pensait sa cousine après avoir ordonné pareil acte. Sirius se mit à nettoyer, mécaniquement, vide. Il sentait remonter en lui les spasmes de son dégoût tandis que Bellatrix et l’autre homme discutaient. Il était incapable de comprendre vraiment de quoi il s’agissait. Et puis soudain, plus qu’un relent de ce qu’il lavait lui parvenant aux narines, il ressentit l’urgence de sa situation. La potion de Felix Felicis hurlait en lui : il devait partir, maintenant ! Légèrement tremblant, il s’adressa alors à Bellatrix sans même la regarder. Sa voix était aussi transparente que l’apparence qu’il avait :- Je dois aller chercher un seau. - Et bien vas-y et dépêche-toi. Sinon tu sauras le prochain à goûter à ce baiser ! lui cracha t’elle avec dédain. Sirius ne devait pas aller trop vite. Il lui fallait tenir encore. Lentement, il passa le pas de la cellule. Cette fois il sentit les détraqueurs s’intéresser de beaucoup trop près à lui. Il passa devant eux. Tous ses sens étaient en alerte. Il ne tremblait plus, il éprouvait le besoin de courir le plus vite et le plus loin possible. Il savait que quelque chose se tramait. Ce ne fut donc pas une surprise lorsque, à mi-chemin du couloir, il entendit Bellatrix lui ordonner de s’arrêter. Elle n’avait plus le même ton de voix. Il s’arrêta, tout doucement. Il se préparait. Reviens par ici, larbin. Il se tourna lentement, conscient des mouvements de l’air sur son corps. Bellatrix était entourée des trois détraqueurs restant et de l’autre homme. Il vit dans le regard de sa cousine qu’elle faisait son propre cheminement. Le plus gros défaut du plan. Celui auquel il avait encore échappé, sans doute grâce à la potion.Dis-moi, Joe. Mes amis ici présents sont bien agités, tu ne trouves pas ? commença t’elle d’une voix aiguë. Sentirait-il que quelqu’un ici n’est pas à sa place ? Avant même qu’elle ait terminé sa phrase, Sirius s’était élancé de tout son poids dans le couloir. Il plongea par terre au moment où un sort lui fusait à l’oreille. Il ne pensait plus, il savait ce qu’il devait faire. Comme une seconde nature, il se changea immédiatement en chien et se mit à détaller dans le labyrinthe de couloirs. Bellatrix hurlait derrière-lui. Elle avait compris que Joe le nettoyeur ne devait se trouver là que le mardi. Nous étions mercredi. J’espère que tu as apprécié le spectacle, Black ! Parce que tu seras le prochain ! cria t'elle, folle de rage.Il zigzaguait aussi vite qu’il le pouvait, sous le flot de sorts qu’il recevait. Mais il était bien plus rapide que les humains et il savait parfaitement où il allait. Le problème étant que les détraqueurs étaient tout aussi rapide que lui. Il s’écorchait les pâtes, à bout de souffle, glissait sur les dalles, se coinçait à moitié dans les portes qu’il franchissait. Puis enfin il le vit. Le conduit qui lui avait servi d’échappatoire la première fois. Celui dont personne ne soupçonnait qu’il pouvait être praticable. Car il ne l’était que pour les rats. Et lui. Du moins il l’espérait. Car il n’était plus aussi maigre qu’à l’époque de son incarcération.
Soudain happé par une main, il gémit de douleur et planta ses crocs dans le détraqueur qui l’avait attrapé. Il retomba violemment sur le dos et donna un coup de patte à l’autre main décharnée qui tentait de l’approcher. Son cœur battait si vite dans sa poitrine de chien qu’il aurait pu le faire exploser. Il se contorsionna pour reprendre sa course. Plus que quelques mètres et il était libre. Il fit un bond en avant et s’enfourna dans le conduit si vite qu’il s’arracha le flan. En effet, il n’était plus aussi maigre que la dernière fois. C’est donc au prix de son propre corps qu’il s’extirpa de là après avoir rampé pendant quelques minutes. Son museau pointait en direction des effluves d’eau salée lui parvenant aux narines. Il se trouvait à une hauteur vertigineuse. La mer était assez calme en dessous de lui bien que le vent souffle fort. Il n’avait pas le temps de s’attarder à l’idée de ce plongeon qu’il devait faire. Il l’avait déjà fait une fois. Alors, il s’extirpa en couinant du conduit et bondit dans l’eau.
Trou noir. Il ne reprit conscience de lui-même que lorsqu’il sentit l’eau salée attaquer toutes ses plaies ouvertes. Mais il était sauf. Les détraqueurs ne pouvaient pas aller dans l’eau. Il reprit forme humaine, instinctivement. La douleur cinglait ce corps redevenu sien. Il ne pourrait plus se mettre à couvert maintenant.
Il se mit à nager, nager malgré sa fatigue, ses blessures. Il ne sentait rien, rien d’autre que l’adrénaline qui le poussait à agir. Il connaissait le plan par cœur. Là, à quelques mètres sous l’eau gisait une boîte que l’équipe de l’Ordre avait déposée dans la nuit. Il commençait à suffoquer mais il était trop proche de son but pour abandonner maintenant. Il attrapa la boite et l’ouvrir. Sa baguette fut le premier objet qu’il y trouva. Grâce à un sortilège, il créa une bulle d’air autour de lui qui lui permit d’avaler de la branchiflore. Aussitôt, il sentit une vive douleur au niveau de ses poumons et de sa gorge. Il ouvrit la bouche, poussant un cri qui ne sortit jamais. Et puis soudain, il sentit une grande bouffée d’eau emplir ses branchies. Il pouvait respirer de nouveau. Ses doigts de pieds et ses mains se palmèrent. Il avait juste eu le temps de prendre sa baguette entre ses dents.
Sans plus attendre, il se mit à remuer bras et jambes. Sa vitesse était surprenante. Mais elle le faisait autant souffrir que le froid soudain de l’eau. Les détraqueurs savaient qu’il était là quelque part et ils s’étaient mis à le chercher. Cependant Sirius n’allait pas dans le sens de la côte. Au contraire, il s’en éloignait. Il cherchait quelque chose d’autre.
Il n’avait plus idée du temps et il ne sentait même plus son corps réagir à ses blessures lorsqu’il le vit enfin. Un vieux parapluie qui gisait au fond de l’eau. Il s’élança dessus et l’attrapa. Aussitôt, il se sentit aspiré vers un autre lieu. |
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